INTRODUCTION
Doit-on commencer le backswing avec les
épaules, les mains, le bras gauche, le bras droit ou encore d'une autre
façon? Le downswing quant à lui, doit-il s'amorcer par un
mouvement latéral des hanches, par la rotation de celles-ci, la rotation
du torse, avec les mains, en tirant avec le bras gauche, en amenant le
coude droit près du corps, en poussant avec le pied droit, en déplaçant
le genou gauche vers la cible ou encore en replaçant le talon gauche au
sol… qui en fait n'aurait peut-être pas dû se soulever lors du
backswing?
Cette liste aurait pu se prolonger encore sur
plusieurs pages et force est d'admettre qu'en ce qui concerne la
technique de jeu au golf, nous nous retrouvons devant une confusion peu
commune. En effet, pour la majorité des disciplines sportives, il semble
exister un certain consensus chez les experts relativement aux
techniques actuelles les plus efficaces. Pour le swing de golf,
non seulement les experts ne s'accordent pas sur le choix d'un modèle
technique précis, mais ils divergent même d'opinion quant à savoir si,
oui ou non, l'utilisation d'un tel modèle est souhaitée. Certains disent
que oui et plusieurs théories ont été proposées jusqu'à nos jours.
D'autres affirment plutôt que, chaque personne étant distincte, ce qui
fonctionne chez les uns ne le fera pas nécessairement pour les autres.
Ainsi donc, la technique à utiliser devrait être différente d'un golfeur
à l'autre et en quelques sortes, chacun devrait trouver son swing.
Quant au swing parfait, il représenterait le summum de la
technique. Non seulement il serait le modèle technique existant le plus
efficace, mais également un modèle technique qui se trouverait à la
limite de l'efficacité et qui ne pourrait plus être amélioré. Donc
parfait!
Plusieurs sont d'avis que le swing parfait
serait le fruit d'une imagination un peu trop fertile et n'existerait
tout simplement pas. Par contre, certains spécialistes sont convaincus
que tel un trésor précieux, il se cache bien quelque part et ils se sont
même mis à sa recherche. Les efforts les plus spectaculaires afin de le
découvrir ont sans doute été déployés dans les années 1960. Un riche et
passionné golfeur (Sir Aynsley Bridgland) avait alors mis sur pied une
équipe impressionnante de dix scientifiques hautement qualifiés, dont
l'objectif avoué n'était rien de moins que de trouver ce controversé
swing parfait. Dans le livre « Search for the Perfect Swing
», il est toutefois mentionné que leur recherche demeurait incomplète
après six années de travail assidu. Il est à noter qu'en se basant sur
les lois de la science pure, ils ont tout de même construit un modèle
théorique du swing parfait.
Il faut reconnaître qu'un certain mystère entoure la
technique idéale de jeu. Les golfeurs semblent sans cesse à la recherche
de conseils en espérant enfin trouver la vérité, comme s'il s'agissait
d'un secret bien gardé. Il n'y a aucun doute à mon esprit, que la
confusion relative à la technique de jeu, est une des causes principales
du fait que plusieurs golfeurs ont de la difficulté à s'approcher de
leur plein potentiel.
C'est en 1985 que j'ai commencé à enseigner le golf
mais seulement en 1987 que j'ai envisagé de devenir professionnel. En
fait, comme j'enseignais en Europe à cette époque, je rêvais de devenir
membre du circuit professionnel européen (PGA European Tour). En
1988 je devenais officiellement professionnel et l'année suivante, avec
mon meilleur ami comme caddie, j'échouais à la qualification de
l'Open de Belgique, épreuve du circuit européen, par un seul coup. Un
seul coup et je me serais retrouvé à jouer contre les Langer, Woosnam,
Olazabal, Singh, Montgomerie et cie. Par contre, je savais que j'étais
encore loin du but. Que mon coup de départ hors-limites et triple
bogey du 16e trou n'étaient pas reliés à la malchance,
même si ma balle avait touché le fairway avant de bifurquer vers
la droite. À mes yeux, il était clair que ce résultat était causé par
une technique de mouvement qui comportait des lacunes et à ma
trajectoire de balle habituelle de gauche vers la droite. Une
trajectoire de balle qui m'accompagnait depuis mon tout premier jour en
tant que golfeur et j'en avais désormais assez. Afin d'espérer être un
jour compétitif sur un tel circuit, il me fallait absolument améliorer
mon swing.
Après une discussion avec mon patron de l'époque, et
d'un commun accord, j'établissais mon plan d'action. Dans un premier
temps j'allais mettre toute mon énergie pour aider ce nouveau club à
acquérir des membres. Plus tard, lorsque le club compterait suffisamment
d'adhérents, on pourrait alors me consentir un salaire de base. Ce qui,
auparavant n'était pas le cas.
Ceci me semblait un compromis
raisonnable, même si j'allais devoir mettre de côté mes «rêves de
joueur» pendant quelques années. En effet j'allais un jour prochain
pouvoir profiter de bien meilleures conditions financières, qui me
permettraient alors de m'entraîner convenablement ainsi que de
participer à plusieurs compétitions. Entre-temps, je pourrais toujours
utiliser mes moments libres pour débuter les « gros travaux » concernant
la reconstruction de mon swing.
Le projet était beau, mais les
choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Quelques années plus tard,
malgré que le club était rempli, on ne voulait toujours pas me consentir
ce qui m'avait été promis. Évidemment je n'acceptais pas cette situation
et lorsque j'ai commencé à manifester mon mécontentement, on m'a
congédié. Mon swing 100 % naturel (mais techniquement faible)
d'antan ressemblait désormais à un laboratoire endommagé par les
expériences. À ce moment-là, il m'était inimaginable d'envisager gagner
ma vie en participant à des compétitions et je ne me suis plus, par la
suite, que concentré sur mon métier de professeur de golf. Je ne m'étais
jamais senti aussi loin d'un circuit professionnel qu'une certaine
journée de l'été ‘97, alors que je venais de terminer une autre semaine
de travail extrêmement chargée. Plus tôt ce jour-là, j'avais confié à
mon collègue professionnel que je croyais avoir été témoin du record des
9 premiers trous de notre parcours. Après qu'il m'eut demandé qui avait
joué sous le par, je lui spécifiai que le record auquel je
référais se trouvait plutôt à l'autre extrémité. 157 coups dont 23
avaient fendu l'air (je comptais tout!).
En Europe, il était courant que
les golfeurs novices devaient compléter un examen pratique afin
d'obtenir leur « accès au parcours ». Dans notre club, pour réussir
cette épreuve, les membres devaient jouer 9 trous en 72 coups ou mieux.
Ma tâche était donc d'amener cette personne à retrancher pas moins de 85
coups pour les 9 trous, soit presque 10 coups par trou. Évidemment le
niveau de jeu de mes nouveaux élèves n'était pas toujours aussi faible.
Néanmoins, ayant travaillé principalement dans de jeunes clubs, cette
situation n'était pas si inhabituelle. (N.B. : Dans ce cas-ci, il fallut
environ une année complète à l'élève pour réussir son examen).
Le problème majeur auquel j'ai eu à faire face au
début de ma carrière de professionnel-enseignant, était que les
informations techniques que j'avais auparavant acquises, même si elles
étaient toutes véhiculées par des personnes respectées dans le domaine
du golf, n'étaient pas toujours compatibles les unes avec les autres. Je
savais alors qu'il me faudrait utiliser mes expériences d'enseignement
afin de sélectionner celles que j'allais garder, et celles que j'allais
devoir abandonner.
Tout d'abord, je considérais que c'était les élèves
les plus doués qui m'indiqueraient le mieux l'efficacité des gestes
techniques. En effet, ils pouvaient reproduire plus fidèlement ce que je
leur demandais et me permettaient donc de vérifier plus correctement le
rendement des gestes en question.
Par contre, petit à petit je réalisai
que c'était peut-être les élèves les moins doués qui allaient m'apporter
le plus de renseignements sur l'efficacité d'une technique. En fait, une
personne avec de grandes habiletés pouvait arriver à frapper de bonnes
balles, même en employant une technique faible. De leur côté, les
golfeurs moins adroits avaient besoin de toute l'aide technique possible
afin d'espérer parvenir aux mêmes résultats.
Finalement tous mes élèves
m'apportaient quelque chose. Bien entendu, peu importait le niveau du
joueur, il serait toujours plus facile de réaliser un bon coup en ayant
recours à une technique efficace. Le but restait donc de trouver la
meilleure technique possible, qui elle, serait profitable à tous.
Une dizaine d'années et plus d'un million de
swings analysés plus tard, je mettais finalement en place la
dernière pièce qui constituait le puzzle d'un modèle technique que je
savais très performant. Avec le temps, en continuant mes recherches dans
la littérature, j'ai réalisé que le modèle en question m'apparaissait
être ni plus ni moins que le mythique swing parfait. Tout comme
certains spécialistes le soupçonnaient, le swing parfait était
effectivement caché quelque part, et c'était dans une vallée secrète.
Une vallée dont l'accès était très bien protégé par une clé pour le
moins étonnante. Cette clé-maîtresse qui concernait le rôle du bras
droit, en avait sûrement déjoué plusieurs auparavant. Elle était la
dernière pièce du puzzle.
Probablement que l'on s'intéresse à la façon idéale
de pratiquer le golf depuis les tout débuts de ce sport. Avancer ici que
le swing parfait aurait maintenant été découvert est une
affirmation considérable. Non seulement je vous révélerai ce fameux
swing parfait, mais je vous expliquerai également pourquoi ce modèle
semble avoir atteint des limites ne pouvant être repoussées.
La plupart
des livres sur la technique du golf vous disent « ce qu'il faut faire »,
sans nécessairement élaborer sur ce qui a pu influencer les théories de
l'auteur, et ceci n'est pas mal en soi. Après tout, ce n'est pas
l'amateur, mais bien le spécialiste qui est qualifié pour effectuer ce
genre de réflexions. Par contre, lorsque l'amateur consulte quelques
ouvrages et qu'il constate que « ce qu'il faut faire » est à chaque fois
différent, il est alors difficilement en mesure de comprendre, ni de
juger de quoi que ce soit. Il devient donc confus. À ce niveau, ce livre
adopte une approche quelque peu inhabituelle. Il expose bien sûr « ce
qu'il faut faire », mais l'on retrouve également le processus suivit
pour arriver à de telles conclusions. Ainsi j'aimerais que les
spécialistes, et même les amateurs, puissent constater l'aplomb des
fondements derrière ce modèle technique.
En effet, je considère que les
déductions qui m'ont permis d'avancer dans mon cheminement étaient à
chaque fois fondées sur des bases solides, peu importe qu'elles
découlaient de réflexions théoriques ou d'observations pratiques. Il est
possible que certains, surtout les golfeurs débutants, n'arrivent pas à
comprendre toutes les subtilités des informations qui y seront
approfondies. Toutefois, j'ose espérer qu'en chemin, ils apprendront
davantage sur la technique du golf, que si ce livre n'aurait traité
uniquement de « ce qu'il faut faire ».
Mais avant de vous lancer sur les traces du swing
parfait, je dois vous informer qu'une très grande surprise vous est
encore réservée. En effet, le trésor enfouit dans la vallée secrète est
beaucoup plus majestueux qu'on ne pouvait l'imaginer. Le modèle
technique du swing parfait représente non seulement la façon
idéale d'effectuer un plein coup, mais également de putter, chipper,
pitcher et de jouer la plupart des autres coups de golf. Fascinant!
À tous les golfeurs, j'espère que ce livre pourra vous
servir de guide et vous mènera vers de nouveaux sommets. Je vous
encourage à vous lancer sur la route qui vous conduira jusqu'à la vallée
secrète, car elle en vaut vraiment la peine. Après tout, qui aurait-il
de plus légitime et passionnant pour un golfeur, que de tenter
d'exécuter un swing parfait?
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une lecture
agréable et un très bon périple vers la vallée secrète.
Maurice Duhamel